Annette GAREYTE Moulin Trumeau 36160 VIJON 09 77 84 36 85
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La date de mon exposition au Prieuré du Magny approchait, je souhaitais comme à l’accoutumé réaliser un travail en public mais je n’avais rien décidé pas même choisi la personne avec laquelle je travaillerais. Deux possibilités s’offraient à moi, l’une était ma demande auprès de Gabriel petit -fils du maire qui m’avait aidée lors d’un précédent accrochage. Il s’était montré très intéressé et je lui aurais bien demandé de prendre la pose du Penseur de Rodin. L’autre concernait Gérard Porcheron qui, rédacteur au sein du conseil municipal avait fait un article très élogieux sur un travail auquel il avait assisté. Gabriel n’étant pas disponible c’est à Gérard que je demandais. Il vint à l’atelier pour que je puisse prendre les repères sur la pose et la disposition du tissu. Sa proposition fut de s’asseoir dans un fauteuil. Je mesurais le métrage nécessaire, puis l’enveloppais, mains appuyées sur les accoudoirs, jambes et pieds parallèles posés au sol. Ce fut assez facile, le tissu tombait bien. Arriva le jour de la réalisation en public, nous n’étions pas nombreux, une dizaine. Gérard s’installa, à la différence de l’atelier il y avait une estrade, il s’en accommoda. Je commençais à poser le tissu lorsque je pris conscience de la même position des jambes jointes parallèles qu’avait un modèle réalisé précédemment. J’avisais alors un carton sous l’estrade pour changer la position de l’un de ses pieds ce qui eut pour conséquence de me déstabiliser par la suite dans la répartition des coulures : la gravité ne s’exerçant pas de la même façon selon la distribution de la peinture liquide. Néanmoins je réussis à surmonter mon émotion dans ce direct improvisé. |
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Gérard n’en prit pas ombrage, Raphaëlle une amie présente m’aida à répartir le papier dédié à absorber l’excédent de peinture issu des coulures et dans un dernier temps à tendre la toile afin que nous puissions à deux la déposer sur le sol. Vint la deuxième partie de mon travail, pas la moindre :la peinture. Là, je dois pressentir, choisir, mais aussi laisser s’exprimer l ‘inconscient tout en essayant de me déprendre des couleurs que j’affectionne. J’ai donc choisi une couleur de la sobriété du gris, mais pas simplement j’y mélangeais des touches de vert- bleu extrêmement clair et argenté-brillant délicatement. Je ne souhaitais pas de fond, cependant l’ensemble était trop terne, en outre ce pied que j’avais surélevé induisait à penser comme s’il avait été donné dans une fourmilière. Était-ce cela qui m’avait conduite à cet aplat rouge qui entoure une partie du personnage laissant la partie droite avec cette idée dont est issu le titre : ouverture, je ne sais mais le blanc s’est par la suite imposé pour faire chanter les deux couleurs initiales. |
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