Annette GAREYTE Moulin Trumeau 36160 VIJON 09 77 84 36 85

En 1971 j ‘ai voyagé en Indes. Nous avions constitué un groupe d’une quinzaine de personnes. Georges Jougla, alors professeur aux Cordeliers était à l’origine de cette idée et sa réalisation. Le voyage dura deux mois pendant lesquels nous avons mené une vie commune. Celui-ci terminé chacun poursuivit son chemin. Quelques cinquante années plus tard Georges écrivit un livre sur ce voyage : »18.000 kilomètres pour une Orchidée’.’ Ce fut alors le point de départ de rencontres renouvelées une fois par an chez l’un ou l’autre d’entre nous.
En 2025 elle eut lieu aux Cordeliers ; Avec l’investissement que j’observe dans ma pratique quasi quotidienne de la peinture il m’a semblé aller de soi de leur proposer ‘une performance à laquelle ils assisteraient. Si ils en étaient d’accord il suffisait juste que l’un d’entre eux se propose comme »modèle », Christian fut celui-là. Le choix du lieu n’a pas été très long. La cour, ses grands escaliers, seraient l’amphithéâtre au sein duquel nous nous installerions, les larges marches en serviraient de gradins. Quelques protections ont alors été apportées pour le sol, Christian choisit la position allongée. Tous étaient curieux de ce déroulement. La mise en place de la toile donna lieu à de nombreux commentaires !!! Roland tenait absolument à aplatir les plis, Yolande regardait attentivement, les autres se demandaient par ou j’allais commencer.
En fait j’avais tout préparé, juste un pinceau à prendre et la réserve d’eau pour répartir les bandes qui humidifient la toile afin de mieux absorber et diffuser la peinture. Cette opération terminée sur toute la surface du corps ; j ‘ai commencé à répartir la peinture d’un mouvement uniforme, sans à-coups Je pense me souvenir que j’ai commencé par les membres inférieurs traçant sans interruption, ‘une seule ligne pointillée partant de la pointe d’un pied jusqu’en haut de l’épaule correspondante. Pointillés qui selon qu’ils soient déposés sur les jambes ou la partie du torse donnent lieu à des coulures d’inégales grandeurs en fonction de la morphologie propre à chacun.
L’ensemble du corps réalisé, j’ai enfin recouvert la tête pour déposer les dernières traces de peinture. Trois-quarts d’heure environ s’étaient écoulés depuis le début du travail. Afin que Christian puisse respirer le plus rapidement possible, Marie-Hélène m’aida à déposer le papier absorbant.
Quelques minutes après chacune prenant les deux coins de la toile à bout de bras, nous l’avons soulevée et déposée au sol à côté. Christian s’ébroua et m’assura de sa complète sérénité lorsqu’il sentait le passage de la peinture.
Vint le travail de la couleur. J’ai commencé par le torse, c’était comme acté, il serait bleu ainsi l’ensemble des coulures. L’intérieur serait rayonnant baignant dans un blanc laiteux, humainement mince cocon de soie au sein de la toile lin coton séparatrice de l’Univers.